Nous commencerons doucement, délicatement, avec une approche scientifique ou une interprétation mathématique de la réalité que nous choisirons délibérément de niveau discutable ; puis nous approcherons de cette essence de façon orthogonale, en la décortiquant dans le contact provoqué, en la mettant en perspective dans la violence des faits, pour la mettre à l’épreuve des courants d’interprétation qui font débats.
Il n’y aura là non pas une contestation systématique d’un argument proposé ou opposé, mais véritablement un exercice de pensée libre et amusée, une pense communicante et où nos interprétations d’un même évènement multipliées par nos interprétations respectives se rejoindront - là où jaillissent parfois les formes de pensée les plus pures et les plus originales.
Nous discuterons de tout sur un ton clair et légèrement sautillant.
Nous profitons cependant largement des faiblesses d’élocution de nos interlocuteurs, qui auront tendance à s’interrompre en milieu d’un argument et à orienter leurs pensées vers un autre lieu pour une autre démonstration, à reculer par manque de confiance, voire à s’arrêter carrément au milieu de grands gestes ou de tremblements de leurs voix nasillardes.
Nous forcerons ces faiblesses en insistant par commutation mentale sur certains nœuds douloureux de ces esprits lents, nœuds cachés, dénervations honteuses.
Nous observerons pour nous pendant ce temps que l’interrogation semble plus fondamentale que la réponse à fournir.
La construction mentale de l’édifice sera d’un genre nouveau.
Sans chronologie.
Sans nécessité.
Sans pesanteur.
Sans peur.
Après avoir épuisé les sujets d’usage, nous tournerons nos esprits les uns vers les autres.
Nous envisagerons des cavités mentales à combler.
Des espaces enfouis, denses, à l’atmosphère irrespirable.
Nous deviendrons ces espaces condamnés.