Jour 1

Ce court message a été transmis entre mes oreilles le 18 au moment où j'allais me coucher. Je le livre tel quel, je sais ce qu'on peut, ou ce qu'on ne peut pas, y trouver. Penser que l'absence de sens est sans doute le code qui sert à décrypter. J'avais sans doute l'esprit très occupé, vous savez ce que c'est. Quoi qu'il en soit, c'est ainsi qu'il m'apparaissait, tout seul, sans la moindre trame visuelle, ni éblouissement, ni assourdissement, ni manifestation hallucinatoire, ni atteinte du goût ou d'un quelconque sens, d'une quelconque perception. Une conversation derrière la porte si l'on tend bien l'oreille, en quelque sorte, mais qui ne nous est pas destinée.


Tentative de description tangentielle des évènements perpendiculaires entre eux
Le magma est organique
L’espace rétrécit
Plus rien n’accouche jamais de personne
J’ai l’œil plein de ces choses que je ne vois pas
La cornée transpire
Quoi d’autre ?
Ton œil à toi, il est plein aussi ?
Et tes mains ?
Quoi tes mains…oui tes mains
Elles sont pleines ?
Tournées vers le sol
Comme ça
Poing fermé
Pour pas faire tout tomber
L’âme dis tu ?
Tu es fatigué
Au bout du rouleau.
Qu’est-ce que tu trimballes ?
Pose là ton fardeau
Et ouvre tes mains bordel !
Ok ok
On reprend.
On en est où?
On rit.
Déjà ?
L’âme dis-tu ?
Bon, on rit.